L’histoire

En l'an 1125, tandis que la Provence se déchire entre les comtats de Toulouse et Barcelone, un accord de partage intervient : les terres au nord de la Durance pour Toulouse et au sud pour Barcelone ; seules 4 villes restent indivis entre les deux rivaux, formant une sorte de zone tampon : Avignon, Pont-de-Sorgue, Caumont et Le Thor.
C'est ainsi, avec son nom cité dans ce texte de 1125, que Le Thor fait son entrée dans l'Histoire !

« Le Thort est une ville si ancienne qu’on n’en sçait point l’origine, car elle estoit fondée avant l’empire et le règne de Charlemagne »
François de Brugeron, chargé de l’inventaire de la Seigneurie, 1696

 

 

Une cité comtadine millénaire

 

Trois événements répertoriés soulignent l’ancienneté de la communauté du Thor. :

  • La concession des terres marécageuses du Trentain, vers l’an 750,
  • Charlemagne, mort en 814, à l’origine de la construction de l’église Notre dame du Lac,
  • La concession du canal des Coudoulières, pour arroser les terres de l’église du Thor, par Roubaud, Comte de Provence, en 1001.

thorum

Une légende fondatrice

« la tradition de père en fils, nous apprend que ce grand et dévot empereur (Charlemagne) ayant été informé d’un miracle arrivé au Thor, à l’abreuvoir de la sorgue, auquel un taureau s’était mis plusieurs fois à genoux ce qui avait donné lieu à la découverte d’une statue en pierre représentant la sainte vierge, il fit aussi tost bâtir au mesme endroit une grande et superbe église à deux voûtes… » (Histoire de la ville et de la baronnie du Thor, A.Rousset)

« Taurum Stella Ducit », «  l’Etoile guide le taureau », telle est l’origine de la devise du blason du Thor

blasonoriginelethor

 Un nom d’origine incertaine

Le nom s’est écrit Torum (1029) – Castrum de Toro (1125) – Thori (1161) – In Castro de Thoro (1171) – Toro (1253) – Thorum (1309) – Thort (1696).

Selon l’historien Robert Bailly le mot Thor ou Tor désigne un tertre dominant une étendue d’eau, mais il est bon de rappeler l’hypothèse rapportée par A. Rousset d’après une légende, qui dit l’existence là d’élevages de taureaux conduits à la Sorgue, sur l’emplacement de ND du Lac et que l’un d’eux, grattant le sol du sabot, y découvrit une vierge noire.

Ce thème de la découverte d’une statue de la Vierge dans une courbe (torus) du lit (thorus) de la sorgue, par un taureau (taurus) a dû subir une mutation séculaire, si bien que le lit (thorus) de la Sorgue et le lieu du contour (torus) se sont peu à peu confondus dans le pays du taureau (taurus). De là le nom de village et le blason utilisé.

On note par ailleurs que le terme Tor très souvent employé en toponymie régionale aux XIIème et XIIIème siècles, l’est toujours pour désigner des emplacements près des marécages ou rives. Les quartiers ou villages désignés sous les noms de Tor, Thor, Thort, sont tous installés en borure de fleuve, étang, marais et toujours aussi sur une sorte de petite terrasse ou repli dominant un cours d’eau.

On peut donc en déduire, dixit R. Bailly, que Tor dérive du latin Torus pris dans le sens de bord de fleuve ou de rivière.

Parchemin avec Bulle de plomb de Giraud Amic, premier Seigneur du Thor - Archives municipales

Bulle de plomb de Giraud Amic, premier Seigneur du Thor

 

Un port sur la Sorgue

Au XIème siècle, certains textes évoquent un »Port sur la sorgue » : sans doute le Thor qui deviendra au cours des XIIème et XIIIème siècle, une cité commerçante. .A partir du XIVème siècle, suite à l’asséchement des marécages du nord (Trentain, Méjean, Réal des dominicains), le Thor devient une cité agricole. Le fief du Thor changera plusieurs fois de propriétaire. La cité sera administrée par des syndics puis par des consuls et saura négocier habilement des droits divers pour se dégager du pouvoir féodal. Au XVIIème siècle, le Thor abrite environ 1000 habitants, puis 2500 au XVIIIème, entre 3000 et 3500 au XIXème siècle.

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L’aventure industrielle

Garance racine et poudre colorant rougeAvec la révolution industrielle, agriculture et industrie se conjuguent. Les terres marécageuses accueillent les cultures de garance tandis que les moulins et fabriques situés sur les bords de la Sorgue en transforment les racines en un pigment rouge qui colorera les pantalons de l’armée française. A la fin du 19ème siècle, l’alizarine signe la mort de la garance ; sur la Sorgue, les roues des moulins se reconvertissent alors au fil du temps, de la plâtrerie à la papeterie, de la tannerie à la scierie…

 

 

 

 

marchéchasselas Quant à la viticulture, elle souffre des ravages du phylloxéra. Grâce à l’inventivité d’un Thorois, le Docteur Seigle, le parasite est combattu efficacement. Du début du siècle aux années 30, le Thor devient le marché mondial du chasselas…

 

 

 

 

Le Thor dans les conflits

 La Grande Guerre 1914-1918

 

Souvenir Grande guerre Gisant soldatRéalisé par Félix Devaux, né lui-même au Thor et inauguré en 1921, année de sa mort, le Monument aux Morts témoigne du lourd tribut de la commune au cours de « la grande guerre ». Le gisant a son pied est un portrait d’un enfant du pays, Pierre Seignour, mort à 20 ans au Bois des Caures dans la Meuse en 1916.

 

 

 

Une autre Monuments aux Morts pour la France Famille Linsolas Le Thorplaque, apposée sur le monument, raconte, quant à elle en une phrase la tragédie de ce conflit : « à la mémoire des 4 frères Linsolas, morts pour la France 1915 – 1916 »
La 1ère année, en 2 mois, notre commune perd 20 jeunes hommes. Ils seront 25 à la fin 1914. Cent ans plus tard, leur nom sera rappelé, lors de la première cérémonie de l’Appel des Morts, mise en place pour leur rendre honneur, le 1er novembre 2014 !

 

 

 La seconde guerre mondiale 1939 – 1945

 

Jean Garcin, résistant, Président du Conseil Général de Vaucluse, conseiller municipal au ThorEffective dès novembre 1942,  l’occupation allemande marque l’histoire de la commune. Les unités de la division alpine Pusteria,  remplacée en février 1943 par celles de la Luftwaffe  avec compagnie d’infanterie de l’air  et  unité de transport amenentréquisitions et expulsions de terres pour la construction d’ un terrain d’aviation. En représailles, interviendront deux bombardements alliés, les 15 janvier et 18 août 1944 ainsi que de nombreux sabotages de la part de la Résistance qui comptait dans ses rangs notamment Alfonse Begou, alias capitaine Balkan, et Jean Garcin, alias commandant Bayard  ; à la tête des Groupes francs de Vaucluse, ce dernier reçut mission, fin décembre 41,  de protéger l’atterrissage de  Jean Moulin, qui devait être parachuté dans les Alpilles au cours de la nuit du 1er janvier 1942.

 

Le 25 août 1Libération 25 août 1944944, suite au débarquement en Provence, la 3ème division d’infanterie de l’Armée Américaine libére Le Thor. 70 ans plus tard, le conseil municipal, en présence de Madame le Consul des Etats-Unis à Marseille et des officiers de la 3D Infantry Division, pose une plaque commémorative, tandis qu’une reconstitution festive réunit les Thorois reconnaissants.

 

 

L’histoire continue

L’histoire ne s’arrête pas là ; toujours présente dans le cœur et la mémoire des Thorois, elle est vivante dans les réalisations actuelles et anime encore les projets de demain.  Dans la grande chaîne de l’humanité en marche, le Thor continue d’imprimer son empreinte.

Ancien Maire du Thor Gaston Manuel et fillett