Références : Mmes Thomas et Benard, Office du Tourisme du Thor
Ses dispositions architecturales générales ainsi que son remarquable appareil de pierre, l'apparentent étroitement à de nombreux édifices de l'école romane de Provence du dernier quart du XII è siècle, dont toutefois elle se différencie par le raffinement des décors sculptés de son abside et de son porche, et l'originalité de son voûtement.
L'église Notre Dame du Lac, au profil puissant et sévère, aux ouvertures rares, est dominée par une plate-forme carrée aux angles abattus que le XIX è siècle compléta d'un petit lanternon.
Une vaste tribune montée au revers de la façade Ouest, et conçue dès l'origine, est supportée par une belle voûte d'arêtes appareillées que prolongeaient des tribunes de bois qui subsistèrent jusqu'en 1950.
L’intérieur, monumental avec ses 16 mètres de voûte, offre un vaisseau unique d'une seule venue de 35 mètres de long sur 10 mètres de large. L'ampleur et la parfaite articulation de ses volumes - trois travées de nef se prolongeant d'une travée de choeur ouvrant directement sur une abside semi-circulaire peu profonde - surprennent, compte tenu qu'il s'agit d'une simple église de village.

A l'extérieur, la façade occidentale, outre les ouvertures traditionnelles, a une entrée décorée de colonnes travaillées et d'un tympan portant une main bénissante (3 doigts levés -pouce, index, majeur- et deux repliés -annulaire et auriculaire).
Le porche méridional s'ouvrant entre deux contreforts a un caractère monumental. Voûté d'une croisée d'ogives il s'appuie sur quatre belles colonnes galbées à bagues terminées par des chapiteaux à feuilles d'acanthe et à crochets. Sur le portail de l'église, un décor de palmettes et de canaux entoure le tympan occupé par une niche du XVIIIe siècle contenant la statue de la Vierge.

De petites arcatures moulurées, retombant alternativement sur des consoles décorées de masques humains ou de motifs floraux et de longs pilastres cannelés à chapiteaux de feuillage rythment l'ordonnance extérieure de l'abside.
Sur le toit de lauzes, le clocher comprend un étage octogonal aux angles marqués par des colonnettes portant des chapiteaux garnis de masques ou d'animaux. Chacune de ses faces est ajourée de deux baies de plein cintre. En 1834 cet ensemble a été complété par un lanternon construit sur la plate-forme supérieure.
Malgré ses similitudes avec d'autres églises romanes provençales, Notre-Dame du Lac se caractérise par la recherche de techniques nouvelles annonçant l'art gothique et par l'importance majeure accordée à la décoration.
La croix monumentale en fer forgé qui se trouve en face du porche de la façade méridionale de l'église a été érigée le 4 septembre 1743. Mise à terre à la Révolution, elle fut remise en place peu de temps après.
Textes : Odette Beltritti.
Bien des gens connaissent la petite colline de Thouzon qui s’élève, guillerette, au milieu de notre plaine Comtadine, entourée d’yeuses et de genêts et coiffée de son vieux monastère. Ils savent, sûrement, qu’elle abrite une grotte un peu mystérieuse mais tous ne connaissent pas ce véritable trésor découvert seulement au début du vingtième siècle (1902).

La Colline de Thouzon est un massif calcaire de l’ère secondaire (période du crétacé). C’est en creusant une carrière pour empierrer les routes et les chemins de la région qu’une explosion de mine dévoila le seuil d’une galerie biscornue de 230 m de long. Dans cette galerie coulait jadis une rivière dont les remous ont laissé maintes marques sur les parois. Lorsque vous entrez là, (surtout en été), vous êtes surpris par la température, assez fraîche, de 13° toute l’année et un taux d’humidité de 98 %. Un chêne vert de la butte, qui avait plus soif que les autres, est venu chercher cette fraîcheur en traversant le rocher avec une racine de plus de 10 m de long.
De la voûte pleuvent les stalactites les plus fines que l’on puisse voir. On les appelle les « fistuleuses » lorsqu’elles sont simples et les « macaronis » lorsqu’elles sont creuses. A l’intérieur de la stalactite circule la goutte d’eau qui l’alimente et la fait croître de deux cm par siècle.
Lorsqu’elle se détache de la voûte, la goutte qui tombe par terre y laisse un dépôt qui, à la longue, forme une stalagmite et de leur rencontre avec une stalactite naît une « colonne ». Parfois une inclinaison fait couler l’eau au même endroit ; là, le temps et la nature sculptent de véritables rideaux appelés les « draperies », admirables de transparence. L’oxyde de fer ou de manganèse leur donne souvent une couleur orange. C’est le cas de celle dont on peut admirer les ondoiements givrés comme s’ils étaient animés par un souffle mystérieux.
Plus loin, on remarque au plafond une belle « fistuleuse » de 1 m 30 de long qui accuse peut-être 6.500 ans. La « fistuleuse » (premier état de la stalactite) garde toujours un diamètre de 4 mm jusqu’au jour où une impureté barre son canal et la fait grossir comme un tronc massif et conique. Ceci est l’état secondaire de la stalactite.
Au début de sa formation, la Grotte était noyée entièrement et faisait « siphon ». La pression de l’eau qui courrait fit fondre le calcaire en laissant apparaître un « sistre » grisâtre très dur : des blocs de silex que les Provençaux ont nommé « rognons de silex » à cause de leur forme assez curieuse !
Puis la « galerie » fait un coude à droite. Au temps où la grotte était noyée, un gigantesque remous dans le contour creusa, de bas en haut, des « cheminées d’équilibre ». Les spéléologues grimpèrent sur la plus haute de ces cheminées jusqu’à 18 m de hauteur, sans déboucher dehors. Mais, comme à présent il ne reste que deux mètres d’épaisseur l’on peut penser qu’un jour ou l’autre ce frêle plafond s’effondrera dans la grotte et la cheminée se changera en « aven » qui est un puits naturel.
Une avalanche conique de pierres et de terre s’est effondrée dans la grotte par une « diaclase », ce qui signifie une fente longue et étroite qui était une entrée naturelle et qui s’est refermée avec du conglomérat il y a des millions d’années.
Un tapis noir composé de « guano » recouvre le sol. C’est un dépôt fossile de crottes de chauves-souris puisque ces bêtes ne fréquentent plus la grotte depuis la clôture de l’ancienne entrée.
Au fond de la galerie existe un puits qui était comblé au début du siècle. On l’a creusé maintes fois, jusqu’à 10 m de profondeur. L’œuvre est restée inachevée mais l’idée a germé qu’il y avait d’autres galeries au-dessous.
La plus belle salle de la grotte présente une harmonie de couleurs nuancée, selon la présence d’oxyde de fer, du blanc le plus pur à l’orangé le plus brillant avec toutes les ressemblances que l’imagination peut concevoir.
Quelquefois le dépôt de calcaire sur le sol fait un petit barrage qui a la particularité de s’élever en se refermant sur lui-même et forme un petit « bassin » ou « gour » comme celui de droite. Il y en a aussi de plus petits, de même formation cristalline, qu’on appelle « micro-gour ». Ces bassins sont plus petits parce que la pente de ruissellement est plus rapide, ce qui explique que l’eau coule plus vite.
Un éclairage bien adapté fait jour ses rayons sur le fascinant spectacle d’une vision lunaire quand les bassins reflètent la fine dentelle des concrétions, véritables merveilles de la nature.
L’eau est la reine de cet endroit, s’installant dans les petits « lacs » ou aussi en ruissellement sur la roche, la façonnant au fil des siècles. Et les concrétions rares ou classiques qui défient les lois de la pesanteur évoquent une émouvante image d’une ville effondrée.
Il reste à découvrir la magnifique « perle des cavernes », un minuscule caillou blanc qui se trouve au cœur d’une stalagmite et qui est modelée durant des siècles par deux phénomènes : « l’incrustation calcaire » et « l’érosion ».
L’entrée actuelle fut agencée pour permettre la visite des touristes toujours plus nombreux dans cet écrin de fins joyaux que garde jalousement la belle colline de Thouzon.

Mais le patrimoine du Thor, et on l'oublie trop souvent parce qu'il se cache au bout de longues allées de platanes, ce sont aussi les belles et vieilles demeures, ces «campagnes» qui sont dispersées sur notre terroir.
Sur la route de Cavaillon au Thor c'est d'abord La Planquette qui s'offre à nous.
Son histoire remonte au XVIIIe siècle. La direction du séminaire Saint-Charles d'Avignon décide de construire une grange au quartier de la Planquette. Elle est achevée grâce aux travaux de deux maçons du Thor. Saisie à la Révolution, elle fut vendue en 1794 pour la somme de 37.500 livres. Dans les années 1870 ses nouveaux propriétaires la restaurent et l'agrandissent considérablement (chapelle, terrasses, verrière). Aujourd'hui encore, elle profite de son immense parc, qu’un petit lac et des canaux rafraîchissent.
La campagne Collet se situe quant à elle aux abords de la route d’Avignon, non loin de la Sorgue où l’on voit encore l’ancien moulin. Construite au XVIIIe siècle selon des règles un peu fantaisistes, elle est entièrement reprise au début du XIXe siècle. Aujourd'hui envahie par les ronces, elle n'a pourtant rien perdu de son charme et attend patiemment d'être rénovée.
Enfin, c'est le domaine de Longchamps, un peu plus à l'ouest, qui dore ses murs au soleil. Construite au XVIIIe siècle, cette demeure fut rendue célèbre par les courses de chevaux qui s'y disputaient au début du siècle.
Entièrement restaurée pendant la guerre de 1914, ses grilles et son parc lui confèrent une douce tranquillité.
La Commune de Le Thor est dépositaire, depuis plusieurs décennies, des deux originaux d'oeuvres de Joseph et Louis BRIAN.
A l'origine, ces statues trônaient devant l'Opéra-Théâtre d'Avignon, mais avec le temps, la ville d'Avignon a préféré les remplacer par des copies. C'est donc au Thor, dans les Jardins de la Mairie, que se trouvent ces originaux en pierre, datant du 19ème siècle.
La première, de Joseph Brian, représente Molière, et la seconde, de (Jean-)Louis Brian, Corneille.
Les deux oeuvres sont de mesures semblables soit 219 cm x 123 cm x 155 cm pour Molière et 215 cm x 123 cm x 155 cm pour Corneille.
Le plus connu des sculpteurs est Louis Brian. Ses oeuvres sont exposées dans les hauts lieux politiques et artistiques Français, à commencer par sa "Jeanne d'Albret" aux Jardins du Luxembourg à Paris ou encore ses "Cariatides", au fronton du Pavillon Denon, l'une des ailes du Palais du Louvre.